Les pieds sur terre en Pologne

Dans un magnifique parc à Poznan avec comme ambiance la brunante du soir qui suit une journée de pluie.
Voici maintenant quelques jours que nous avons quitté le sol polonais pour continuer notre périple en terre slovaque. Nous ne sommes plus en Pologne de corps mais nos esprits semblent refuser de la quitter. Nous vous proposons un retour et des réflexions sur un court séjour de trois semaines en Pologne. Un trajet qui aura eu une influence certaine sur notre perception et notre façon d’aborder notre grand voyage.

On se replonge dans le temps, il y a quelques semaines, alors que nous en sommes à nos premières aventures polonaises. Avant de nous rendre dans la ville de Poznań, à l’ouest du pays, nous avons contacté, à la recherche d’authenticité, une famille se proposant pour accueillir des voyageurs via le site couchsurfing.com. Les membres de la famille Michalak viennent nous cueillir à la gare pour nous conduire dans leur appartement de banlieue. Ils ont tout prévu pour notre passage, dégustation de plusieurs mets traditionnels, visite de la vieille ville, passage dans les principaux musées et exposés dignes d’historiens sur les différentes époques de Poznań. À en croire les préparatifs, nous semblons être des invités de marque. Tout est fait avec une générosité si grande que c’en est déstabilisant.

Dès nos premières discussions, la lumière est mise sur les réalités très différentes dans lesquelles évoluent nos vies respectives. Des différences au niveau culturel évidemment mais surtout, ce qui retient notre attention, ce sont les inégalités socio-économiques. Cela est loin de s’avérer la découverte de l’année, au contraire, ça vous semblera peut-être une simple évidence. Mais bon, le fait est que nous plongions vers cette rencontre en pensant naïvement être en mesure de seoir un contact égalitaire qui irait au-delà de nos différences. Et là, nous tenons à le spécifier, notre malaise n’est en aucun cas occasionné par l’attitude de nos hôtes. À vrai dire, à en juger leur enthousiasme, ils semblent même enchantés de notre présence. Non, notre malaise n’a trait qu’à notre propre perception d’un contexte inégalitaire. Pour la première fois chez des hôtes, nous sentons que ce que nous avons à offrir n’a pas de commune mesure avec ce que nous nous apprêtons à recevoir. Nous ne parlons évidemment pas de valeur monétaire, mais cette fois-ci on aura beau entamer les plus belles discussions, expliquer nos coutumes et notre culture ou préparer un traditionnel dessert québécois, rien ne pourra s’approcher de la générosité de nos hôtes. C’est précisément cette impression d’arriver les mains vides qui nous donne le sentiment d’être imposteurs.

C’est la discussion sur notre tour du monde qui est pour nous la plus révélatrice. À l’aube de la cinquantaine, nos hôtes sont des voyageurs, ils ont, au cours des années, effectué plusieurs séjours en Europe de l’est et ailleurs. Mais, force est de constater que, malgré toute la volonté et les sacrifices du monde, ils n’auraient jamais pu partir pour un voyage comme celui que nous faisons. Pourquoi? Pour aucune autre raison que de ne pas être nés au bon endroit. On aime bien nous servir les explications classiques référant au passé trouble, aux décisions des gouvernements ou aux efforts des habitants, mais nous voyons par nous même que ce n’est que de la poudre aux yeux. À travail égal, les Michalak peuvent au mieux espérer avoir à travailler cinq fois plus longtemps que nous pour se payer le voyage d’une vie. Ces explications classiques, nous n’en croyons rien. Nous savons que pour supporter les besoins des pays riches, il doit obligatoirement subsister des pays pauvres pour accomplir les sales besognes dont nous préférons être exemptés, où les normes environnementales doivent être plus souples pour supporter la production au rythme infernal dicté par notre surconsommation. Bref, pour maintenir notre niveau de vie, il doit continuer à y avoir des humains de second ordre.

Nous ne sommes pas moralisateurs, nous nous sentons concernés par ce pronostique. Nous jasons de tout et de rien avec nos hôtes et nous nous sentons honteux de profiter de leur hospitalité exemplaire. Nous nous sentons complice de cette inégalité insupportable, complice par notre silence approbateur. Mais aussi complice par notre participation active, après tout, ne nous faisons pas de cachettes, au-delà de l’attrait culturel, les pays comme la Pologne sont invitant pour leurs moindres coûts. Nous y sommes pour tirer avantage des conditions de travail moins élevées des travailleurs du tourisme, parce que cela nous permet de voyager plus longtemps et avec moins. C’est la même logique qui nous fait acheter la télévision faite en Chine plutôt que le modèle canadien au double du prix. Nous nous sentons honteux d’observer cette situation qu’habituellement nous nous efforçons d’oublier, inconsciemment ou non.

Oui, les souvenirs de ce séjour nous suivront pendant des semaines, d’autant plus que cet état de fait sera infiniment plus injuste en Asie et en Amérique du Sud par exemple. Cela changera peut-être notre façon d’aborder nos interlocuteurs étrangers. Nos exigences de touristes occidentaux feront surement place à une plus grande retenue. Nous verrons sans aucun doute les arnaques touristiques d’un autre œil, considérant notre position. Notre parcours en Pologne est peut-être terminé mais gageons qu’il marquera nos pensées encore pour un moment.

2013-10-04, Zakopane, Pologne


Commentaires (1)



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Envoyé par Br9S9tNtRt 7IXlp35NUhSU le 2017-01-26
Dez AMX modernizados para o padrão ACOL participaram recentemente do exercício “Green Flag West” nos EUA. Depois do “Green Flag West”, os caças italianos marcaram presença no exercício “Red Flag”, onde puderam operar da mesma forma que as forças da OTAN atuam no AfoaÃnistg£e. Naquela opotunidade dois AMX lançaram quatro bombas GBU-12 Lizard guiadas por laser contra alvos designados pelo UAV Predator B.



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