Le temps gris

En arrivant à Auschwitz, le temps est devenu soudainement gris et pluvieux. Ce n’était pourtant pas ce que les prévisions annonçaient, ni même le présage que nous avions en quittant Cracovie où il faisait un temps agréable. Mais voici que soudainement, de gros nuages gris se sont installés et que la pluie a commencé à mouiller le sol. Je me souviens qu’à ma première visite à cet endroit, il y a plus de six ans, le scénario était semblable.

À notre descente de l’autobus, nous avons senti un froid humide, le vent poussait les gouttes de pluie à s’infiltrer dans nos vêtements. La nature se déchaînait comme pour nous rappeler que les couleurs n’étaient pas admises en ces lieux. Comme s’il eut été déplacé de contempler la moindre couleur à l’endroit même où un million et demi de personnes y ont laissé leur vie. Le paysage en tons de gris permet de bien ressentir toute la lourdeur du camp. Nous marchions en regardant constamment nos pas, c’est difficile d’y marcher la tête haute parce que ces endroits font peurs. Peur de la bêtise humaine, peur de la douleur éprouvée, peur de l’immensité de la haine, peur de voir les baraques à perte de vue, peur d’imaginer un train rempli d’enfants aller directement aux chambres à gaz, peur que l’on continue à oublier, peur que cela recommence, peur de la peur des autres, de l’inconnu, de la différence, bref peur du racisme, oui peur de la bêtise humaine.

Nous avons marché la tête basse jusqu’à ce que nos pas croisent un groupe d’étudiants Israéliens. Après la température, j’ai retrouvé un autre inconfort perçu en 2007, celui que m’avait provoqué la vue de soldats Israéliens en uniformes se trouvait ravivé par les drapeaux de l’État hébreux brandi en signe de bravade. Il s’agit là pour moi de la récupération d’un drame civil pour légitimer les actions d’un État. Un État qui se sert de son passé pour faire oublier les exactions qu’il commet aujourd’hui. Un État qui tente constamment de s’accaparer le monopole de la douleur pour diminuer celle des autres. La peur fait alors place au vertige, le vertige devant le constat que tout est déjà en train de recommencer. Le génocide au Congo en est à cinq millions de victimes sans que personne ne s’en préoccupe. Le mur de la honte israélien continu d’emprisonner un peu plus les Palestiniens à chaque jour. Après tout, la bêtise humaine c’est aussi la nature humaine.

2013-09-27, Auschwitz, Pologne


Commentaires (3)



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Jeetje wat een pech allemaal Nog wel een heerlijke vakantie gehad?Dat hebben jullie,vooral Xena,na alle pech wel dubbel en dwars verdiend!Sterkte met alGeo!lrsetjes,Denise



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