L’Espagne en crise

25 % de chômage, plus de 50 % chez les jeunes, les médias qui parlent d’un pays au bord de la faillite. Avant de mettre les pieds au pays Castillan, nous nous attendions à entrer au pays de la misère généralisée. Les images que nous avions en tête se décriraient un peu comme suit : des villes crades où les ordures ne seraient plus ramassées, des mendiants entassés sur les trottoirs, des lieux publics en pleine décrépitude. Or, il n’en est rien, en tous cas, à première vue.

Après deux semaines ici, nous avions presque oublié la crise. Il est vrai que l’on peut apercevoir quelques locaux à louer et des bâtiments nécessitant une couche de peinture mais, étant déjà venu en Espagne, rien ne semblait trop anormal. Oubliée, jusqu’à notre arrivée à Madrid, la capitale. Ici, un détail saute aux yeux. Les mendiants n’ont pas l’apparence qu’on leur connaît d’habitude, pas de vêtements crasseux, pas non plus de bouteille d’alcool à la main. On pourrait plutôt les imaginer travailler dans un bureau ou comme commerçant. Assis par terre, leurs pancartes écrites sur des bouts de carton expliquent qu’ils sont des victimes de la crise et qu’ils sont acculés à quêter sur les trottoirs madrilènes en espérant pouvoir ramener un peu de pain sur leur table pour leurs enfants. 

Quelques instants plus tard, une femme se fait engueuler et jeter dehors d’une terrasse par un restaurateur qui craint qu’elle dérange les clients en leur demandant un peu de monnaie et ce, sous les yeux indifférents des clients et passants. Le contraste est frappant, les filles dans leurs robes chiques côtoient les pères sans le sou et semblent évoluer dans deux mondes parallèles. Parce qu’ici comme ailleurs la propagande étatique et financière fait son chemin, si la crise est arrivée ce doit être attribuable aux syndicats, à la faible productivité, au travail au noir, aux immigrants. Résultat, on en vient à croire que les victimes sont elles-mêmes à la source de leurs problèmes.

Le restaurateur se dit que l’itinérante n’a qu’à se trouver un logement, la femme chiquement vêtue croit que le père sans-emploi n’a qu’à être plus vaillant, les policiers pensent que les immigrants vendeurs-itinérants n’ont qu’à se trouver de vrais boulots, des Français attribuent même la crise à leurs trop bonnes conditions de travail, des Allemands sont convaincus que la faute revient aux restaurateurs espagnols qui ne paient pas leurs impôts. Pendant qu’une partie de la population pointe du doigt ses voisins et qu’eux-mêmes vivent dans la peur d’être les prochaines victimes, oui pendant ce temps, à quelques rues de là, dans son somptueux palais, le Roi Juan Carlos respire paisiblement et n’a pas à se soucier de ce que l’avenir lui réserve puisqu’il est l’élu et que le sang qui est celui de ses ancêtres coule dans ses vaines. 

En effet, le roi Juan Carlos peut dormir l’esprit tranquille, puisqu’aujourd’hui, pendant que ses sujets sont occupés à s’entredéchirer, ils oublient que les véritables responsables de la crise sont au palais royal, au parlement et à la bourse.

2013-09-09, Communauté de Madrid, Espagne


Commentaires (3)



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