Souviens-toi

Nous sommes allés visiter le village martyr d’Oradour-sur-Glane. Lors du retrait des troupes nazies de la France en 1944, 200 soldats SS sont passés dans ce village, ont rassemblé tous ses habitants et les ont sauvagement assassinés. 642 victimes civiles dont 205 enfants. Un crime gratuit commis dans le seul objectif de faire payer à la population française la défaite allemande imminente.

Que ce soit la première ou la deuxième fois qu’on voit ce mémorial, les sentiments évoqués restent toujours aussi puissants. Les ruines laissées intactes depuis le jour du drame, les artéfacts retrouvés dans les maisons incendiées, la vue des endroits où furent fusillés les hommes et l’entrée dans l’église où furent brûlés vifs femmes et enfants sont tous aussi éloquents. Cela donne une impression de vertige, d’intense tristesse, de frustration. Et on ne peut s’empêcher de se demander qu’est-ce qui aurait bien pu éviter que ce massacre se produise? Mais aussi qu’est-ce qui peut pousser 200 hommes, obéissants ou non à des ordres, à commettre de telles monstruosités sur leurs semblables? Que ce soit clair, le ton n’est pas moralisateur. Ces lieux sont là pour que nous nous souvenions, pour nous amener à la réflexion.

« Souviens-toi » indique d’ailleurs une plaque à l’entrée du site. De là est partie notre réflexion. Se souvenir ne doit pas se limiter à la mémoire du drame humain qu’a été Oradour, il faut se souvenir d’abord et avant tout de ce qu’étaient le nazisme, le fascisme, le totalitarisme. Mais aussi la collaboration, la passivité. Il est trop facile de se dire que le simple souvenir des événements est l’antidote à leur recommencement. Après tout, le simple souvenir de la première guerre mondiale n’a pas empêché la seconde de se produire.

Il faut se souvenir, comprendre et dénoncer. Se souvenir que la base de ces abjections était la haine de la différence. Se souvenir que l’obéissance n’a jamais sauvé de vies. Se souvenir que les responsables étaient une minorité mais que cela ne les a pas empêché de semer la destruction et la tyrannie. Se souvenir que la collaboration c’était aussi le consentement. Se souvenir que le fascisme c’est la légitimation de la violence d’État. Comprendre que l’ampleur des crimes est certainement condamnable mais que leur motivation haineuse l’est infiniment plus.  Les Auschwitz et les Oradour ne sont pas plus inacceptables que la tuerie de la polytechnique par exemple. Il faut combattre et dénoncer non seulement les gestes immoraux mais surtout la haine qui les commande.

Il ne faut pas penser que les groupes fascistes ou néo-nazis tels que nous les voyons réapparaître dans plusieurs villes sont plus acceptables ou inoffensifs que ce fut le cas jadis. Il ne faut pas oublier que la peur de la différence pousse aussi à des gestes jugés plus anodins mais tout aussi inacceptables comme la discrimination d’un voisin immigrant, les propos démagogiques d’un animateur de radio ou l’intimidation d’une collègue de travail. Pour que cesse le cycle de la violence physique comme mentale, « souviens-toi ».

2013-06-25, Limousin, France


Commentaires (3)



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