Aventures d’une nuit… en bus!

Voici la tête qu’on a après une nuit passée en bus.
Il y a parfois de ces situations dans lesquelles on se met, qui ont un haut risque de se révéler des plus cocasses. Prendre un autobus de nuit de Marseille à Paris est presque un gage de rencontres étranges et de situations hors du commun. Parce qu’il faut le dire, le trajet dure 13 heures et les billets sont à peine moins chers que le même itinéraire en train qui lui, vous dépose à bon port en moins de 4 heures. C’est bien clair considérant cela, seuls les passagers avec un profil hors du commun monteront à bord.

D’ailleurs, il faut être honnête, la normalité ce n’est pas trop notre fort. On a nous-même choisi l’autobus parce que nous avons décidé sur un coup de tête, il y a deux semaines, de traverser la France d’un bout à l’autre pour fuir le mauvais temps. Et comme nous voyageons en mode économie-d’argent-maximum, le choix de la route plutôt que du rail allait de soi.

Voilà, le moment est venu nous nous dirigeons, nos billets en poche, vers le quai d’embarquement de la gare routière Saint-Charles de Marseille. Nous devons bien avoir 45 minutes d’avance. Mais, comme le trajet est long vaut mieux arriver à l’avance pour pouvoir étudier nos compagnons de trajet, question de choisir les voisins idéaux afin de rendre le trajet le plus tolérable possible. L’expérience commence à s’accumuler. Je ne dirais pas que nous choisissons toujours les meilleures places mais disons que nous faisons de moins en moins d’erreurs. Il faut éviter les gens dont le taux d’alcoolémie est anormalement élevé, éviter les bébés qui risquent de pleurer pendant une partie de la nuit, éviter de s’asseoir devant des enfants ou des hommes de plus de 6 pieds pour ne pas se voir déranger par des pressions indues dans notre dossier et éviter les hyperactifs qui refuseront de fermer l’œil ou pire qui essayeront d’entretenir la conversation toute la nuit durant. Nous nous devons d’être vifs si nous voulons augmenter notre confort ou plutôt diminuer notre inconfort.

La stratégie : ne pas monter dans le véhicule ni en premier, ni en dernier. La raison : laisser quelques personnes se commettre avant nous afin que nous puissions avoir des choix et ne pas non plus laisser tout le monde prendre une place en nous mettant devant le fait accompli. Cette fois-ci, la tâche s’annonce ardue. Sur le quai, nous observons une famille de Roumains avec leurs quatre garçons dont le père ne compte déjà plus les consommations, la mère est enceinte jusqu’aux oreilles et, nous le saurons plus tard, deux des quatre fils sont malades en transport. Il y a aussi un Libanais vivant à Montréal qui parle sans arrêt à un ton excessivement élevé. Ensuite, deux Sri-Lankais qui enchaînent les cannettes de cola à un rythme effréné et dont l’un des deux doit bien mesurer 6 pieds 4 pouces. Pour conclure le tout, une bourgeoise Parisienne, en réalité surement une fausse bourgeoise puisque les bourgeoises ça ne prend pas l’autobus de nuit et qui de surcroit, déteste les immigrants comme la peste et ne se fait pas prier pour étaler ses points de vue xénophobes.

Eh bien, imaginez-vous que nous évitons le pire, nous sommes relativement tranquilles et le voyage commence sur le bon pied. Cependant, on a beau avoir toute l’expérience du monde, il reste quand même des choses que l’on ne contrôle pas. À peine l’autobus sur l’autoroute, on prend conscience de l’incapacité de notre chauffeur à rouler en ligne droite, il va et vient continuellement d’un côté à l’autre de la voie en redirigeant invariablement le véhicule d’un bon coup de volant. Comment va-t-on réussir à dormir dans ce qui nous semble être un manège de Beauce Carnaval? S’il y ait un autre facteur sur lequel nous n’avons pas de contrôle c’est les passagers qui montent aux haltes subséquentes. Une femme dans la quarantaine nous rejoint à Avignon, elle prend place sur le siège juste à côté de nous. Pour le reste du trajet, elle se fera un devoir de commenter chaque détail du voyage jusqu’au plus insignifiant. La qualité de l’aire de restauration de l’autoroute, la ville dans laquelle on fera notre prochain arrêt, le goût du café qu’elle ingurgite... Franchement, elle est ennuyante à mourir mais elle profite de nos moindres moments d’inaction pour engager le monologue. Au terme de 13 heures infernales nous mettons le pied à Paris avec la nausée et sans trop avoir fermé l’œil. Cette fois-là était de trop. L’autobus de nuit, c’était la dernière fois!

2013-06-02, Paris, France


Commentaires (3)



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