Les coulisses de Paris

Lorsqu’on est en voyage, s’il y a une chose que l’on recherche plus que tout c’est de vivre l’expérience authentique de comprendre le quotidien des gens locaux. À Paris, ça veut dire sortir le matin pour aller acheter le pain du petit-déjeuner à la boulangerie d’en face, s’asseoir dans un café pour prendre tranquillement un expresso ou emprunter le métro à l’heure de pointe. C’est ce que nous nous efforçons d’accomplir depuis quelques jours.

De retour du Nord, nous avons contacté notre ami Manil, un Parisien rencontré en Thaïlande lors d’un précédent voyage. Manil nous a tout de suite proposé sa chambre pour le temps dont on en aurait besoin et surtout, de nous faire découvrir la ville, sa ville. Parce que lorsque l’on est en quête d’authenticité, être accueilli par un ami est un gage de succès. Cela peut peut-être paraître contradictoire mais la chose que nous voulons le plus éviter quand nous faisons du tourisme est d’avoir l’air de touristes! On se tient loin des endroits trop achalandés. Évidemment, on ne manque pas pour autant les grands classiques mais on essaie d’éviter d’y aller dans les périodes fortes. Par exemple, hier, nous avons visité les Catacombes, un haut-lieu touristique de la ville lumière. Nous avons baigné dans une marre de touristes tous plus surprenants les uns que les autres. Trois Espagnols qui empestaient le parfum, quand je dis « empestaient » je veux dire que leur odeur devait encore se sentir 24 heures plus tard. Deux jeunes Russes qui ont dû prendre au moins 250 photos portraits d’elles-mêmes pendant la visite de 45 minutes. Un Portugais qui prend un crâne dans ses mains pour prendre une photo concept au goût douteux.

Ouf!! Après avoir enduré ce supplice, nous avons pris la direction du Marais, un joli quartier aux rues étroites, aux charmants commerces et au marché en plein air. C’est un quartier peu fréquenté des touristes, donc beaucoup plus authentique. Parce qu’il faut le dire, on n’a pas le même accueil dans la petite boulangerie de quartier que dans le kiosque à sandwichs de la tour Eiffel où la préposée, en un seul avant-midi, a déjà servi 650 touristes affamés.

Mais le meilleur moment de notre journée ç’a été lorsque nous avons rejoint Manil et ses « potes » pour le souper. Le restaurant était dans une petite rue peu passante, située dans une succession de sens uniques ressemblant à un labyrinthe. Le genre d’endroit impossible à trouver pour un touriste. C’est exactement ce que nous cherchions! L’endroit était convivial et chaleureux. Nos amis connaissaient le serveur. Ils connaissaient aussi les spécialités de la maison. Il n’y a pas à dire, nous étions entre bonnes mains, la nourriture était excellente digne d’un grand restaurant parisien mais avec la facture en moins.

Ce qui est bien lorsqu’on rencontre des gens de d’autres pays c’est de pouvoir échanger sur les différences qu’il y a entre nos modes de vie. Bien entendu la France et le Québec ne sont pas bien différents, mais quand même. Ce qui nous frappe c’est que Manil et ses amis sont pour la plupart des célibataires dans la jeune trentaine. Nous abordons le sujet. Les raisons sont diverses. Ils nous parlent de la crainte de l’engagement mais bien de l’engagement économique et non émotif. Nos interlocuteurs ont ceci en commun : ils travaillent, ils paient un logement petit et dispendieux, ils arrivent tout juste à joindre les deux bouts et ils ne voient pas comment ils pourraient fonder une famille dans cette précarité.

Intéressant comme point de vue puisque l’image que nous avions de la France était celle des meilleures conditions de travail, de la semaine de 35 heures et de la bonne qualité de vie. Celle que nous avons sous les yeux est différente. Plusieurs jeunes ne comptent pas leurs heures parce qu’ils sentent la pression de tous leurs compatriotes prêts à prendre leur place, les prix des logements sont exorbitants et souvent trop petits et désuets. Manil, un Parisien de naissance, m’avoue même qu’il est fatigué de cette pression, de ce manque d’espace et de cette crainte constante d’être entraîné dans l’engrenage. Merci Manil pour ton hospitalité et pour nous avoir fait entrer dans ton quotidien parisien.

2013-05-18, Paris, France


Commentaires (3)



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