Pour nous l’Asie c’est…

Ce passage en Asie du sud-est aura été court, un peu moins de quatre semaines, mais intense. Il nous a fait vivre une expérience asiatique positive, certes, mais au-delà de ce sentiment de satisfaction, nous constatons que l’Asie demeure une destination dépaysante avec ses codes qui dépassent souvent les frontières des simples pays et semblent parfois se généraliser à tout un continent. Voici quelques observations, parfois banales, qui feront peut-être sourire les routards habitués à ce continent et étonneront ceux d’entre vous qui n’y avez jamais mis les pieds.

Que ce soit au Vietnam, en Thaïlande ou en Malaisie, la notion sanitaire est, disons, différente. Les égouts sont souvent à ciel ouvert, même dans les villes de grande taille. Il n’est donc pas rare d’arriver face à face avec un rat au tournant d’un coin de rue le soir venu. Au début ça saisit, mais les locaux, eux, ne s’en formalisent pas trop. Les règles de salubrité dans les toilettes aussi sont différentes. À beaucoup d’endroits en Asie, la main droite sert à manger et la gauche à s’essuyer après un passage sur le trône. Cela peut paraître banal pour un Occidental puisqu’en fait, si tout le monde se lavait les mains après s’être exécuté, la main utilisée ne devrait pas vraiment avoir d’importance. Mais attention, l’usage du mot « essuyer » doit être pris au sens propre ou, si vous préférez, il ne signifie pas tenir un papier de toilette avec lequel s’essuyer. En effet, invariablement dans les cabinets de ce coin du monde, le papier hygiénique reste introuvable et est remplacé par un seau d’eau ou un boyau d’arrosage. Son mode d’utilisation reste pour nous un mystère. Des questions subsistent. Comment se laver tout en maintenant ses sous-vêtements et pantalons bien secs? Ou, après une grosse commission, comment s’assurer d’un nettoyage efficace tout en n’utilisant qu’une main et un peu d’eau courante? Mais, disons qu’avec ces images en tête, nous comprenons très bien l’importance d’attribuer à chaque main son rôle.

Certaines normes de bienséance sont aussi dignes de mention. Par exemple, en entrant dans les maisons privées, dans les hébergements, dans les lieux religieux et dans certains commerces, il faut apprendre à se déchausser. Les Asiatiques ont aussi l’habitude de faire des remerciements ou des salutations en penchant la tête et le haut du corps en avant. Cette coutume est d’ailleurs contagieuse et on finit vite par l’adopter. Mais, ce qui peut sembler le plus étrange à nos yeux, ce sont les situations où des locaux fixant leurs regards sur nous, commencent à se parler dans leur langue tout en riant. Cela donne des situations assez cocasses où l’on se moque de nous sans gêne!

Évidemment, avec nos estomacs nord-américains affaiblis par l’hyper-salubrité, l’alimentation devient une source potentiellement déstabilisante. Surtout que des expériences culinaires antérieures ont aussi affectées notre mental, après tout, chat échaudé craint l’eau froide. Pour ces raisons, manger en Asie est pour nous synonyme « de sentir des bouillonnements dans le ventre », qu’ils soient causés par la nourriture elle-même ou par la crainte d’avoir des bouillonnements dans le ventre. Lorsque l’on se fait servir un breuvage ici, on vérifie que les glaçons aient bien des trous cylindriques en leur centre, signes de leur fabrication industrielle. Les aliments aussi sont différents, le riz est omniprésent, souvent au déjeuner, au dîner et au souper. Les fruits exotiques sont abondants, et le plus notoire est le durian, un fruit dont l’odeur rappelle franchement celle d’une poubelle au soleil en plein été. Ce fruit est d’ailleurs interdit dans certains pays. Ni cette dernière caractéristique, ni son goût qui se rapproche semble-t-il de celui de l’oignon, n’empêche les Asiatiques d’en faire une poignée de produits dérivés comme des jus, des bonbons ou de la crème glacée.

Un dernier aspect dont nous avons remarqué la présence dans la plupart de ces pays est la diversité. Nous sommes peu habitués à un tel niveau de mélange culturel. Si nos pays occidentaux comportent souvent d’importantes majorités culturellement homogènes et de petites minorités à la présence discrète, il n’est pas rare de constater dans certains pays orientaux qu’il n’existe aucune majorité à proprement dit mais plutôt, plusieurs minorités cohabitant dans une certaine harmonie. Cette diversité se traduit par la présence sur le continent de la plupart des grandes religions contemporaines.

Notre observation d’une telle diversité nous porte à conclure que le secret d’une cohabitation harmonieuse repose probablement sur le respect de la différence. Bien que nous voyions à quel point l’Asie nous déstabilise, nous ne pouvons affirmer que notre façon de vivre est la meilleure, elle est simplement propre à nous et comporte ses avantages et ses inconvénients. La même chose est vraie dans les pays asiatiques. Et cela sera aussi applicable à propos de l’étape suivante à notre itinéraire, l’Arménie. Et sans oublier une escale mémorable en Sibérie…

2014-10-29, Bangkok, Thaïlande


Commentaires (2)



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Envoyé par V89K3MOo2 yAjp0AYC le 2017-01-26
Yo2&#8u17;d have to stand in the back, or if theres seating of any sort then stay in the seats. But ya you could go. I went to concerts my entire 1st pregnancy. I just sat in the bar at some venues and some that didnt have seats, I just stood far from the crowd

Asie
Envoyé par Élise tremblay le 2014-10-29
Qu'est que peu faire un petit bout de papier toilette on est-tu content nous d'avoir ce doux petit papier pi en + on en a pour toutes les fesses du rude au plus doux capricieuses nos fesses pas à peu près. C'est pour ça qu'il faut toujours en avoir dans son sac à dos... Bonne continuité j'adore vous lire

Alex et Janie
Merci Élise!



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