C'est bien vrai

Après quelques jours passés dans les plantations de thé des Cameron Highlands à profiter de l’air frais des montagnes, nous avons repris la route en direction de Kota Bharu, une ville du nord-est de la Malaisie, qu’on dit être le centre traditionnel de la culture malaise. Pour s’y rendre, nous avons choisi d’emprunter un train peu fréquenté par les touristes, le jungle train.

La durée du trajet est prévue pour six heures. Au cours, des deux premières le chemin de fer sillonne entre les collines verdoyantes, allant d’un kampung (villages malais) à l’autre. La végétation est dense et d’une grande beauté. Mais, après ces deux premières heures le paysage change drastiquement. Le vert laisse place à l’ocre de la terre dénudée de tous ses arbres. Nous le savions, partout dans les pays équatoriaux on rase la forêt au profit de la culture du palmier à huile, mais là, nous le voyons pour la première fois. Comme une tonne de briques. Nous sommes accrochés aux fenêtres du train, choqués.

Des palmeraies à perte de vue. Mais qu’est-ce qu’on fait avec de l’huile de palme? De nos jours on fait tout, parce que ce n’est pas cher. Moins cher que d’autres huiles. Les Asiatiques en utilisent traditionnellement pour la cuisson et la friture et l’industrie agro-alimentaire des pays occidentaux s’en sert de plus en plus pour remplacer les graisses animales et d’autres types d’huiles végétales. Notamment, il y en a dans les gâteaux, dans les plats préparés ou dans les pâtes à tartiner. On dit que le Nutella en contiendrait 19%. Bref, son utilisation est très étendue et, souvent, est même difficile à déceler puisque la souplesse réglementaire n’oblige pas les entreprises à identifier l’huile de palme spécifiquement sur les produits qui en contiennent. En effet, celles-ci vont souvent inscrire simplement « huile végétale », sans plus de précisions.

Devant ces paysages désastreux qui défilent sous nos yeux, nous nous demandons que faire, pour l’huile de palme mais aussi plus généralement pour tous les produits à rabais provenant de pays sous-développés et néfastes pour l’environnement. La problématique est complexe si bien qu’il est presque impossible de formuler une solution simple telle que « n’achetons plus de Nutella ». Devant l’ampleur de cette catastrophe écologique, nous savons pourtant qu’il faut agir dès aujourd’hui. Il nous parait clair, en tant que consommateurs, que tant que nous refuserons d’inclure le coût environnemental dans le coût des produits nous ne pourrons pas nous en sortir. Il faut commencer à considérer que les économies de 25 cents effectués chez Wal’Mart n’en sont pas vraiment si le dit produit a dû faire trois fois le tour de la planète avant d’arriver sur nos étalages. Si nous avons arrêté d’acheter du Nutella depuis quelques temps déjà, nous comprenons maintenant que ces efforts doivent être élargis à bien d’autres produits. La consommation responsable est un geste qui doit être pris en charge par chacun de nous, à tous les jours et dès maintenant.

Après notre visite de Kota Bharu, où nous avons assisté, entre autres, à un spectacle d’art traditionnel et où nous nous sommes initiés à la peinture batik, nous avons sauté dans un bus en direction de Georgetown. La route traverse le pays d’est en ouest, d’une côte à l’autre, et le paysage est encore d’une triste désolation. Cette fois, les palmeraies s’étendent tout le long de notre trajet et la topographie fait que nous constatons qu’elles semblent continuer tout aussi profondément loin de la route. Un Anglais rencontré sur notre route nous explique, qu’il y a à peine dix ans, toutes ces plantations étaient encore des forêts vierges abritant une faune luxuriante. Aujourd’hui, plus rien, que palmiers aux dimensions identiques rectilignement plantés sur des kilomètres. Au milieu de ce nouveau champ, l’autobus franchit une route transversale, à la croisée des chemins, et entouré de palmiers à l’infini, trône un portrait géant du Sultan fier de son œuvre. Ah oui la Malaisie est une monarchie constitutionnelle comme chez-nous d’ailleurs, sauf que dans notre cas, les portraits de la reine sont imprimés sur nos 20 piastres plutôt que sur le bord de la 20. Nous ne pouvons nous empêcher de constater que les politiciens, où qu’ils soient et de quel parti ils soient issus, n’ont jamais rien fait de bon et que si l’on veut que les choses changent vraiment, il faudra se prendre en main nous-mêmes.

2014-10-24, Kota Bharu, Malaisie


Commentaires (5)



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Envoyé par QilCdceWj IharqkhFd9 le 2017-01-26
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Envoyé par alain desharnais le 2014-10-25
Merci beaucoup de nous informer QU' EFFECTIVEMENT l' homme agit qu' en fonction du $ et que OUI nos politiciens ne dirige plus mais agisse comme des marionnettes au profit des plus offrants soit les multinationales !!!

Alex et Janie
Tu partages complètement notre point de vue Alain.

Super
Envoyé par Danielle & Jean le 2014-10-24
Bravo pour votre article, bonne information à savoir, je surveillerai ça moi aussi.xx

Alex et Janie
Le voyage sert à en apprendre toujours plus sur l'impact que peu avoir l'humain sur l'environnement. Toujours un plaisir d'informer sur nos observations et comme ça peut-être que les gens ferons de plus en plus attention.

Le cœur
Envoyé par Richard le 2014-10-24
Selon la médecine quand un problème cardiaque survient il y a la recommandation de ne pas manger des produits ayant de l'huile de Palme ou de palmite dur pour le cœur et les artères je pense ça fait des années que j'ai mis de côté les produits ayant de l'huile de palme Bon suite xx

Alex et Janie
Il est certain qu'au niveau santé, l'huile de palme est très dommageable. Pour l'environnement, elle est encore plus dommageable.

Maudite huile de Palme
Envoyé par Sabrina Mantona le 2014-10-24
Vous avez vu de vos vu les dégâts causés par les palmeraies. Depuis déjà plusieurs années je lis systématiquement les étiquettes détaillant les ingrédients de tous les aliments rejetant à chaque fois ceux contenants de l'huile végétale (sans précision) et de l'huile de palme. Petit à petit les industriels n'utilisent plus l'huile de palme et s'en vantent sur leur produit en faisant un argument de vente. Alors oui dans ce cas j'achète, car de cette manière je ne participe pas à la destruction de la forêt primaire d'Asie du sud-est. Il n'y a pas que le Malaisie qui soit sacrifiée malheureusement au nom des profits immédiat.

Alex et Janie
Tu as bien raison, ce n'est pas seulement la Malaisie qui est touché par ce phénomène. Nous croyons que le plus important est d'en parler à plus de gens possible et comme ça peut-être cela fera une différence.



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