Deux pays, deux expériences

Il y a quelques jours, nous quittions la Nouvelle-Zélande à destination de la Malaisie, où nous nous trouvons actuellement. Comme à l’habitude, c’est l’occasion pour nous de dresser un bilan de notre dernière destination. Et puisque cela met un terme à sept mois passés en Océanie, Down under comme ils disent là-bas, on n’a pas pu s’empêcher d’y aller de nos comparaisons avec l’Australie.

En fait, la comparaison est pour nous bien simple, notre expérience néo-zélandaise est, en fait, tout le contraire de celle australienne. D’abord, si nous avions quitté l’Australie sur une note plutôt négative telle qu’évoquée dans un texte précédent, notre opinion est tout autre pour ce qui est du pays des kiwis. Nous avons du mal à faire ressortir des points négatifs de ce séjour prolongé. Notre expérience de travail nous a fait rencontrer des gens formidables, nous a donné l’occasion de nous questionner sur nous-mêmes et a fait naître en nous des idées et des projets que nous pourrons difficilement ignorer à l’avenir.

Si le panorama australien était marqué par des étendues désertiques aux dimensions ennuyantes, la Nouvelle-Zélande, elle, nous a charmés par sa verdure, ses côtes accidentées, ses volcans et ses rivières qui se succèdent au rythme où se succédaient les kangourous en Australie. Le contraste était vraiment frappant, voire fascinant puisqu’il s’agit tout de même de deux pays pourtant voisins.

L’Accueil des habitants faisait tout autant contraste. La plupart des Kiwis se sont montrés aidant à notre égard. Nous en avons bien fait l’expérience en faisant du pouce, alors que les gens s’arrêtaient souvent rapidement. De plus, l’opinion que c’est deux nations ont l’une pour l’autre est étrangement très contradictoire. En effet, lorsque nous étions en Australie, la plupart des locaux nous disaient que les Néo-Zélandais étaient des gens gentils et accueillants, et cela s’est avéré vrai. Mais, ce qui nous a surpris en arrivant en Nouvelle-Zélande, c’est que ce sentiment est loin d’être réciproque. Ces derniers sont presque unanimes pour dire que leurs voisins sont désagréables, condescendants et parfois même racistes. Évidemment, il ne s’agit que de généralités et nous sommes bien loin d’avoir effectué une étude scientifique exhaustive, mais n’en demeure pas moins qu’au terme de plus de sept mois passés dans ces deux pays, la palme va incontestablement aux Kiwis en terme d’amabilité.

La nature de nos deux expériences était, elle aussi, bien différente. En effet, si nous avons vécu en parfaits nomades dans notre van dans le premier pays, nous avons, dans le second, troqué nos sacs à dos pour une chambre afin d’y travailler pendant la majeure partie de notre séjour. Cet aspect a incontestablement contribué à rendre nos deux expériences aussi différentes.

En dernier lieu, un des aspects que nous avons le plus apprécié de notre séjour en Nouvelle-Zélande est la rencontre que nous avons pu faire avec plusieurs Maoris, les indigènes du pays. Nous avons eu l’occasion d’en apprendre plus sur leurs coutumes et la façon dont elles prennent forme dans le monde contemporain. Nous avons vu que le fait d’être Maori est souvent une source de fierté potentiellement transformable en réussite. Nous avons constaté que le fait d’être Maori là-bas est plutôt inclusif. Il s’agit d’un état d’esprit plus qu’un aspect ethnique ou géographique. Contrairement à chez nous où l’on réduit souvent l’Autochtone à celui qui vit sur une réserve, probablement par soucis d’assimilation, nous avons sentis qu’en Nouvelle-Zélande, on n’est pas moins Maori parce que l’on vit en ville, l’importance réside dans la conscience et la fierté de ses origines. Nécessairement, rien n’est tout rose non plus, ils ont, eux aussi, subi leur lot d’injustices par le passé et leur situation reste aujourd’hui en-deçà de leur concitoyens d’origine européenne. Mais du moins, du rose il y en a un peu, en tous cas certainement plus que chez leurs homologues Aborigènes Australiens.

Nos observations à ce sujet dans les deux pays nous ont inévitablement permis de faire des parallèles avec la situation des Autochtones chez nous. En premier lieu, nous avons pris conscience que nous en savions bien peu à leur sujet, par aveuglement ou par ignorance. Nous savons qu’ils existent mais nous les connaissons peu. Aussi étrange que cela puisse paraître, notre séjour à Auckland nous a permis de rencontrer Christian Laveau, l’un des chanteurs du spectacle Totem. Christian, un Huron-Wendat du village de Wendake près de Québec, chante fièrement dans la langue de son peuple et cela apporte une puissance inégalable à la production. Il est un artiste authentique, touchant et inspirant. Nos rencontres avec les Maoris de Nouvelle-Zélande et un artiste Autochtone de chez nous ont su éveiller notre envie de connaître nos voisins Hurons-Wendats, d’aller au-delà des idées reçues, de briser les barrières imposées et d’aller dire bonjour, kwe!

Ultimement, le bilan que nous dressons de ces deux pays est marqué par la différence mais, surtout, avec un peu de recul, nous sommes d’avis qu’ils s’agissaient de deux expériences majoritairement positives qui nous ont fait grandir.

2014-10-12, Auckland, Nouvelle-Zélande


Commentaires (2)



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Envoyé par pazO2rU3a5m iweONxscZ le 2017-01-25
Guten morgen liebe Joanna, gerne würde ich diese wushÃrncde¶ne Tasche gewinnen . Mir gefallen die willowtree Figuren sehr gut.Viel Spaß in Berlin :-)Liebe Grüße von Silvia aus O.

Envoyé par Alain desharnais le 2014-10-14
La pleine conscience est devenue inévitable pour la prochaine génération et je voie que déjà à votre jeune âge vous commencé à l' assimiler et surtout à la sentir en dedans de vous.Votre voyage vous a en quelque sorte propulsé (tel un saut quantique)vers le futur,plus rapidement que la plupart d' entre nous.Continuer à nous allumer,vous êtes en quelque sorte porteur du flambeau du futur de ce qu' il y a de meilleur en nous:-)

Alex et Janie
Merci Alain pour ton commentaire. Nous ignorions à quel point ce voyage allait nous transformer. Il n'est pas fini, mais nous voyons déjà que notre désir de devenir des citoyens du monde plus responsables et conscients grandit de jour en jour. Tant mieux si notre modeste vision des choses a un impact positif. Merci de nous lire.



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