…Et le pot!

La seule idée d’écrire quelque chose de négatif au sujet d’un emploi fait peser sur nous le spectre du proverbe « il ne faut jamais mordre la main qui nous nourrit. » D’ailleurs, est-ce une expression strictement québécoise ou elle est aussi usitée en France? On se pose la question. Peu importe. Pourquoi la simple idée d’émettre des critiques nous ramène automatiquement à ce dicton que nous n’approuvons pourtant pas? Adeptes du positivisme, soyez sans crainte, le texte qui suit est purement une réflexion sur notre rapport au travail et non du chialage pur et simple.

On dit souvent que les voyages forment la jeunesse. En tous cas, ce qu’on peut déjà affirmer c’est que ce voyage est pour nous l’occasion de mieux nous connaître, de nous questionner sur nos aspirations, nos projets. Plus que l’on aurait pu l’imaginer, notre expérience, ici à Auckland, se veut révélatrice en ce sens. Plus que jamais, nous savons ce que nous voulons… et ce que nous ne voulons plus! Nous sommes maintenant certains que nous ne pourrons plus travailler au sein d’une grande entreprise ou d’une grande organisation. Du moins, incapable de s’y sentir bien et épanouis.

Cette expérience nous a fait voir que l’entreprise, quelle qu’elle soit, n’a rien à voir avec notre malaise, il s’agit plutôt de l’organisation du travail qui nous rend inconfortable. Dans toute grande organisation, les rôles sont bien définis, et cela n’a rien à voir avec la syndicalisation contrairement à ce que l’on nous porte à croire. Dans une entreprise de grande taille, chacun a sa petite tâche à accomplir et celle-ci s’inscrit dans quelque chose de plus gros, tellement plus gros que cette simple tâche semble perdre tout lien avec le gigantisme du produit fini. Chacun installe son petit boulon sans se rendre vraiment compte qu’il contribue à la construction de quelque chose de plus gros. Or, nous ne sommes plus en mesure de visser ce boulon sans penser à la machine que nous aidons à fabriquer. Nous ne sommes plus capables d’ignorer les tonnes de nourriture gaspillée à chaque jour dans les cuisines pour la simple raison qu’il valait mieux en avoir de reste, incapables de supporter la vue d’autant d’emballage être jeté sans compter, autrement dit nous ne sommes pas en mesure de fermer les yeux sur les impacts environnementaux désastreux que peuvent avoir un spectacle, aussi magnifique soit-il. Mais comme nous l’avons dit, cela dépasse notre simple expérience néo-zélandaise. Cela signifie que nous serons malheureux d’occuper quelconque poste au sein d’une administration publique, appliquant des politiques à mille lieux de notre vision du monde, ou même dans une entreprise de loisir dont les préoccupations financières sont et seront toujours complétement détachées des questions humaines et environnementales.

Cette division du travail qui assimile les humains à des machines en les dissuadant de réfléchir et de critiquer est ancrée dans nos mœurs, et nous ne faisons personnellement pas exception. La seule nouveauté est que nous prenons conscience qu’il nous sera impossible de nous épanouir si l’on doit fermer les yeux constamment sur des pratiques qui vont à l’encontre de nos valeurs les plus chères. Nos voyages, nos lectures, nos discussions et nos réflexions nous portent à constater que ces pratiques organisationnelles ont été plus d’une fois néfastes pour l’humanité. Nombre d’intellectuels se sont penchés sur le sujet, dont notamment la sociologue Hannah Arendt, si bien que nous savons que ces pratiques ont été déterminantes dans l’efficacité de l’Holocauste. D’accord, il faut être prudent avec les comparaisons de ce genre, mais n’en demeure pas moins que nous constatons à chaque jour en voyageant que notre planète est fragile et que les questions environnementales devraient se voir accorder une importance vitale. Nous croyons aussi que ce n’est pas en diabolisant les atrocités commises dans le passé que nous éviterons leur répétition dans l’avenir. Chez nous, les gouvernements donneront sans doute leur accord en vue de la construction d’un oléoduc incontestablement néfaste pour la population et l’environnement. Mais, il ne faut pas oublier que ces politiciens, au-delà de prendre constamment de mauvaises décisions, ne construiront pas cet ouvrage. Ce sera plutôt une armée de fonctionnaires, d’ouvriers, d’ingénieurs qui, individuellement, accompliront chacun leur petite tâche, celle-ci s’inscrivant dans un désastre ignoble. Chacun, en fermant les yeux, vissera un boulon de cette catastrophe moderne.

Forts de ces réflexions, notre vision est plus claire que jamais, plus claire de jour en jour. Nous savons que si nous voulons voir le monde, notre monde, s’améliorer dans le sens que nous souhaitons, nous devrons entreprendre de tracer notre propre chemin. Des projets grandissent dans nos têtes, des projets pour faire une différence, notre différence. Parce que oui!, des projets ça nous en prendra le jour où on finira par revenir chez nous. Lorsque ce moment viendra, nous aurons la tête pleine et les mains prêtes à bâtir quelque chose de toutes ces idées.

2014-09-20, Auckland, Nouvelle-Zélande


Commentaires (9)



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Les choix
Envoyé par Richard Beaulieu le 2014-09-26
La liberté réside dans nos choix, parfois nos choix nos orientations de carrière nous font découvrir des abérations alors, se mettre à la tâche pour mieux comprendre mieux influencer mieux soutenir l'amélioration l'évolution, si on est centré seulement sur soi peu de salut, peu de satisfaction, si seulement visser ton boulon ou faire ton boulot ou pire encore te motiver avec la paie peu, déprime en vue, visualiser le bien que l'on procure aux autres, soutenir ce qui mérite de l'être, motiver les autres à se dépasser, donner confiance que demain peut être meilleur, se nourrir de toutes les réussites, affronter les épreuves avec intelligence et même originalité La liberté réside t'elle aussi dans la sorte de boulon que l'on a décidé de visser? Mon père a vissé des boulons toute sa vie il n'en est pas moins demeuré intègre dans ses valeurs et soutenu contre vents et marées tous ses proches. Il m 'à paru serein à la fin de sa vie, son soutien est encore là à chaque jour, visse t'il encore des boulons avec moi je pense que oui, transcender les boulons et regarder ce qu'il nous aide à accomplir d'autre est aussi intéressant, choisir la meilleure attitude influence nos missions, les gens qui nous côtoient le sentent bien. Transmettre la vie, l'amour, l'amitié oblige à relever des défis autrement que seulement pour soi, mais trop s,'oublier nuit à l'engagement, à la réalisation, Tout compte fait la manière de visser les boulons peut assurer que l'auto roule bien, mal visser les boulons d'une roue et l'auto risque une perte de contrôle risquée, malheureusement plusieurs n'ont pas vraiment le choix et occupe des postes non valorisants pour ne pas dire déprimant et avilissant, Comme l'a déjà dit un collegue que je respectais pour son intelligence, retrousse toi les manches aujourd'hui et demain tu sera bien, ne fais rien aujourd'hui et demain tu devras te retrousser les manches. Bonne poursuite de vos découvertes intérieures et extérieurs xx

Envoyé par Danielle Dionne le 2014-09-22
Juste à préciser ma pensée, <parfois nous n'avons pas le luxe du choix>. Je peux vous présenter plusieurs personnes dans cette situation En ce qui concerne la pollution bien d'accord avec vous, j'étais d'ailleurs hier à Québec à la marche pour le climat. Bonne route, et que votre voyage vous comble

Québécoise...
Envoyé par Audrey Palis le 2014-09-21
Pour ma part expression jamais entendue en France! et ce serait "l'Hopital qui se fout de la charité" car nous critiquons aisément nos parents, nos patrons et l'Etat! et si notre réputation de râleurs bat son plein, notre insatisfaction régulière nous amène à remettre en question ce qui nous ait proposé plutôt que le subir... il y a différentes raisons et différents manières d'apprendre à dire "non". Et ça commence chez soi. Je pense encore être libre de mes choix même si je n'ignore pas les contextes. Chacun sa façon de faire valoir ses idées et de les mettre en piste. Croyez en vos projets et si vous avez besoin de têtes et de bras, nous sommes volontaires!

Alex et Janie
Merci pour ton commentaire Audrey!

Le pot
Envoyé par Chantale Boissonneault le 2014-09-21
je suis entièrement d'accord avec vous, le gaspillage et la surconsommation sont les pires fléaux de la planète.

Alex et Janie
Merci pour ton commentaire Chantale!

Et le pot
Envoyé par Danielle Dionne le 2014-09-20
Bonjur à vous deux ! Un peu surprise de votre référence à l'holocauste pour illustrer votre propos. Propos avec lequel je suis bien en accord dans l'ensemble. Mais, car il y a un mais, dites-vous bien qu'il y a beaucoup de boulons qui ont été mis sur cette planète dans des ouvrages, et des réussites out à fait nobles, et pas juste négatifs. Choisir de travailler dans un endroits qui représente vos valeurs est un luxe que je vous souhaite. Et un luxe que dont plusieurs d'entre-nous rêvions et aurions aimés nous payer.

Alex et Janie
Merci Danielle pour ton commentaire. C’est vrai qu’il faut être prudent lorsque que l’on fait des comparaisons avec l’Holocauste, nous en sommes conscients. En fait, nous voulions souligner que l’organisation du travail, qui a été à la source de l’ampleur de ces atrocités, est toujours appliquée aujourd’hui. Nous ne l’inventons pas, cet aspect était d’ailleurs l’élément central de la défense des criminels de guerre nazis lors des différents procès qu’ils ont subis au cours des décennies suivantes. Au sujet de la diabolisation des crimes nazis, nous souhaitions simplement affirmer qu’il ne faut pas attendre de voir la construction de fours crématoires avant de sonner l’alarme. Des désastres naturels se produisent à chaque semaine partout sur la planète, créant des milliers de sans-abris, compliquant entre autre l’accès à l’eau potable, augmentant la malnutrition et causant ultimement des milliers de morts. Pendant ce temps, malgré que l’impact humain sur les changements climatiques soit connu et documenté, nos gouvernements s’apprêtent à aller de l’avant avec un projet odieux d’oléoduc. Malgré l’absence de camps de concentration, ce geste délibéré a pour nous toutes les apparences d’un potentiel crime contre l’humanité. Concernant le « luxe » d’avoir un emploi qui représente nos valeurs, nous préférons plutôt voir cela comme un choix, un peu comme le choix que nous avons pris de partir deux ans en voyage et que plusieurs attribuaient à la chance.

on dit pareil en France
Envoyé par Sabrina Mantona le 2014-09-20
"ne pas mordre la main qui vous nourrit". oui mais...quand on travaille pour les actionnaires ce n'est plus aussi gratifiant. Concernant le gâchis de nourriture; je vous déconseille fortement de vous rendre un jour à la cantine d'une école. C'est bien pire. Il y a juste ce qu'il faut mais plus du tiers est jeté car resté dans les assiettes (ça n'arrive pas les jours steack-frites et pizza bien sûr). Diplômés on sait ce qu'on veut. Puis avec l'âge et l'expérience acquise on sait ce qu'on ne veut plus faire. Quand une personne de "pouvoir" a décidé de faire qqe chose qui fera travailler ses copains, il semble qu'il n'y ait rien que l'on puisse faire à part se battre avec des manifestations mais là encore cela n'aboutit jamais. C'est une vision bien pessimiste mais réaliste du monde qui nous entoure où pouvoir et argent sont rois.

Alex et Janie
Merci pour ton commentaire Sabrina!



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