Le centre rouge

La traversée du centre rouge de l’Australie est une aventure en soi. L’immensité du territoire, l’inhospitalité du climat, les paysages uniques et l’absence quasi-totale d’habitants y sont pour quelque chose. Sur cette route du sud du pays, la sortie que l’on doit prendre approche. Nous allons entamer un périple qui nous mènera à l’extrême nord, à environ quatre mille kilomètres d’ici, nous sommes fébriles.

La A-87, que l’on nomme la Stuart Highway, est une route à une voie dans chaque direction. Elle est empruntée principalement par des camions poids lourd de 54 mètres de longueur qu’ils appellent « Road Train ». On croise, aussi, bon nombre d’aventuriers qui, comme nous, sont venus parcourir cette route mythique. La chaussée est d’une qualité exécrable, digne du rang 3 à Saint-Herménégilde! Dès les premiers kilomètres, nous remarquons que les quelques voitures que nous rencontrons nous saluent systématiquement au passage. Comme les motocyclistes chez nous qui s’envoient la main fraternellement, ici tous les usagers de la Stuart Highway font partie de la même confrérie.

En cette première journée, nous roulons jusqu’au crépuscule. Il ne faut pas rouler lorsqu’il fait nuit parce que les chances de rencontrer un kangourou sont fortes. Et nous ne voulons pas arrêter trop tôt non plus puisqu’il y a un nombre impressionnant de mouches qui rend impossible toute activité extérieure. Une fois stationnés, nous installons notre table, nos chaises et notre moustiquaire pour préparer notre souper derrière le van. Premier constat, les mouches ont aussi leur pendant nocturne, les brulots et les moths, une sorte de papillon de nuit. Insupportables! À peine notre dernière bouchée avalée, nous commençons immédiatement à rapailler tout notre attirail en vue de nous réfugier dans notre havre de paix roulant. « Pas si vite », semblait nous signifier l’araignée subitement apparue sur notre table à pique-nique! Un arachnide, soit dit en passant, beaucoup plus gros que les petits modèles québécois auxquels nous sommes habitués. À bien y penser, on ne voyait aucun problème à ce que la table passe une nuit en plein air.

Maintenant que nous avions une journée de vécu sur la route du désert, les salutations de nos congénères prenaient une autre signification. « Bonne chance, vous ne savez pas encore dans quoi vous vous embarquez! », semblait nous dire leur index élevé au-dessus du volant. Ce pressentiment s’est avéré exact, on ne sait pas dans quoi on s’est embarqué! Le soir suivant, nous faisons halte à Coober Peddy, une ville sans comparaison. Une ville dont l’activité principale est l’exploitation minière de l’opal (au même titre qu’une localité de la Gaspésie dont il est question dans ce vidéo). Ainsi, dans un rayon d’une quarantaine de kilomètres, des buttes de terre coniques de toutes les grosseurs tapissent le sol semi-désertique. Il y en a partout, un million de trous et autant de buttes semble-t-il. Dans cette ville, pour échapper aux conditions météorologiques extrêmes, les gens vivent sous terre. Oui oui sous terre! Parfois dans d’anciennes mines réaménagées ou carrément dans des maisons creusées spécialement à même le roc.

On le constate, les conditions de vie dans le désert sont insupportables. Hormis les écarts de température extrêmes (il fait plus de 50°C l’été et sous le point de congélation les nuits d’hiver), les mouches sont une vraie plaie. Ici, ils les nomment bush flies, pour nous ce sont des mouches de maison, des mouches communes ou des mouches à marde, selon votre préférence! Bref, elles rendent impossible toute activité extérieure durant le jour au risque de devenir fou. Honnêtement, la situation est hallucinante, à peine un pied de mis hors du van que déjà une vingtaine de mouches nous sillent dans les oreilles. Les gens peuvent bien décider de vivre dans des mines désaffectées. Non mais, comment ils font, les petits Africains dans les vidéos de Vision Mondiale, pour supporter paisiblement les mouches qui leur marchent dans le visage? Pour notre part, notre seuil de tolérance est au plus bas. C’est pourquoi, pour préserver notre santé mentale, nous nous sommes procuré des chapeaux-moustiquaires. Puisque nous mettons maintenant le cap sur Uluru, le rocher emblématique du centre de l’Australie, ce n’était pas le temps de lésiner sur les dépenses! À suivre…

2014-05-05, Coober Pedy, Australie


Commentaires (4)



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Envoyé par py07JKVjk khXXFl5e3ouz le 2017-01-29
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Maudites mouches!
Envoyé par Isabelle le 2014-05-05
J'ai vraiment aimé votre article! Vous m'avez fait rire quelques fois :-D En y pensant bien, votre séjour dans le désert australien me rappelle le nôtre dans l'Ouest canadien: aucune activité possible le soir à cause des maringouins! Comme je vous comprends... ca doit rendre complètement fous. C'est vraiment cool le fait d'avoir dormi sous la terre! Et la photo des road trains... juste à penser devoir les dépasser j'ai mal au ventre. Mais bon, ce doit être eux qui vous dépassaient ;-) Faites attention à vous!!! Je vous aime et j'espère que vous parcourerez ces 4000 km sans trop de pépins! xxxx



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